Ce week-end, la ‘convention de la droite’ était pleine de ces punchlines rances façon Zemmour, de ces traits aigres façon Maréchal-Le Pen : « Le nazisme est parfois un peu raide et intolérant, mais de là à le comparer à l’Islam… ». Cette minorité repliée sur elle-même s’en défend : ils ne cherchent pas à nous faire régresser. Qui, en face, pour leur répondre quand la majorité se réclame du progrès ? Qui sont les progressistes ? Au nom de quoi se battent-ils ?

Quo vadis

Progressistes, nous sommes un mouvement qui ne se laisse pas emporter. Nous remettons inlassablement en cause les structures qui paralysent la promesse républicaine, sans jamais toucher à cet invariant : Liberté, Égalité, Fraternité. Nous sommes une volonté qui ne s’entête pas. Nous questionnons systématiquement ce qui met à mal l’idéal de justice, sans déstabiliser ce que cet idéal sert, la cohésion sociale. Nous sommes une force qui n’affaiblit pas. Nous voulons construire un monde nouveau, tolérant, où il fait bon vivre, sans détruire ce monde qui accueille notre construction.

Progressistes, nous sommes pétris de convictions dans un monde où s’en vont les certitudes. Face aux tentations autoritaires ou xénophobes, nous nous déclarons humanistes. Face aux négationnistes qui refusent de voir le climat en crise, nous sommes plus que jamais écologistes. Face aux magnats qui vivent assis sur des tas d’or, nous sommes solidaires des plus vulnérables. Face aux cyniques qui menacent la paix, nous sommes des universalistes et nous aimons l’Europe. Face à ceux qui veulent concentrer tous les pouvoirs, nous sommes des girondins et nous aimons nos territoires. Face à ceux qui bafouent nos droits les plus fondamentaux, nous sommes des libéraux.

Il faut oser

Le progrès est un mouvement, nous l’avons dit. Les idées le font carburer ; nous voulons les développer. Le progrès est fait de questionnements, nous le reconnaissons. L’introspection est son assurance vie ; nous y travaillons. Le progrès est fait de valeurs, nous les réaffirmons. La cohérence est nécessaire ; nous y veillons. C’est pourquoi nous créons le think-tank « Osons le progrès ! ».

Les conservateurs font des progressistes, dans leur harangue, des « nomades mondialisés et hors-sol ». Quand nos ennemis nous étiquettent avec leurs idées noires, osons leur répondre : il n’y a rien de dangereux à mettre sur le même plan la dignité des personnes à qui l’on veut prêter secours, à qui l’on veut accorder de l’attention, à qui l’on veut rendre justice, et la dignité des civilisations, que l’on respecte ou que l’on aime.

Les conservateurs prétendent défendre une certaine idée du futur, mais en se référant systématiquement au passé. Ce faisant, ils barrent la route aux vivants, parfois en enterrant les morts une deuxième fois. Osons leur rétorquer : il n’y a rien de déshonorant à rendre les vivants plus heureux que ne l’étaient leurs parents, ce n’est pas irrespectueux pour ceux qui nous ont précédés. Nous ne trahissons pas la promesse des générations passées en voulant offrir à nos enfants un monde meilleur, un monde plus juste.

Phénoménologie du progressisme

Nos convictions sont des combats ; le progressisme est une promesse pour tous. Notre horizon politique s’incarne ; le progressisme est une présence auprès de chacun. « Oser, le progrès est à ce prix », disait Victor Hugo. C’est ce qui nous réunis. Nous, Aminata et Philippe, Adrien et Marie, Céline et Thomas, Ladislas et Kannitha, nous allons oser. Nos détracteurs nous demanderons ce qu’il y a d’osé à créer un nouveau think-tank. Hannah Arendt sera la mieux placée pour leur répondre : « les mots justes, trouvés au bon moment, sont de l'action ». Nous nous aventurons donc sur ce terrain glissant, la vie des idées. Car on nous dit que le progrès est à conquérir ; mais il est d’abord à définir.

Nous créons « Osons le progrès » pour y voir plus clair dans cette notion floue qui fait pourtant l’Histoire. Plus fondamentalement, cette entreprise signe notre engagement au service des autres. De ceux qui ont besoin d’aide. De ceux que la société empêche. De ceux qui méritent mieux. Quand nous osons le progrès, c’est au service de chacune et de chacun. Le progrès est avant tout un progrès pour quelqu’un.

Osons le progrès, osons le féminisme

Nous commençons notre travail politique par amener un cran plus loin l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour mille et une raisons, déjà bien connues. Celles de Simone de Beauvoir : « La femme n’est victime d’aucune fatalité : il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux ». Celles d’Hillary Clinton : « Les femmes sont le plus grand réservoir de talents inexploités au monde ». Celles de Lena Dunham : « Une grande part du combat féministe est de donner aux autres femmes la liberté de faire des choix que l'on n'aurait pas forcément fait pour soi. » Et nous pourrions continuer à l’envi.

Les moments forts à venir nous tournent vers le progrès pour les femmes. Alors que l’article 1 du projet de loi “Bioéthique” vient d’être adopté par l’Assemblée Nationale, la prochaine loi de finances sera-t-elle l’occasion de faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes ? La réforme de la constitution consacrera-t-elle ce principe d’égalité, face aux risques de reculades portées par les ultra-conservateurs ? La réforme des retraites saura-t-elle corriger des années d’inégalités accumulées avec le temps jusqu’à l’âge des pensions ? Les élections municipales sauront-elles faire émerger 52 % de Madame la Maire ?

Et après ?

Il n’y aura pas d’avant et d’après « Osons le progrès ». Notre groupe est un humble héritier de nombreux militants qui, par le passé, ont su changer la société sans saper le collectif. Notre groupe sera un maillon discret dans une chaîne historique qui nous dépasse de très loin. Mais il s’agira, vagues par vagues, « de penser en hommes d’action et d’agir en hommes de pensée » comme nous l’intimait Bergson. Alors nous vous donnons simplement rendez-vous. Apportez vos lumières : www.osonsleprogres.org

Par les co-fondateurs d’Osons le progrès : Thomas Friang ; Adrien Lavayssière ; Kannitha Leang ; Marie Le Mouel ; Céline Samee ; Ladislas Smia ; Aminita Sissoko Wane ; Philippe Zaouati.

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